Comportement du chat

Territorialité

Contrairement au chien qui est un animal social et qui organise les rapports avec ses congénères par des règles hiérarchiques (relations dominant/dominé), le chat est un animal territorial, il s’attache à un lieu qu’il connait parfaitement et qu’il défend contre d’autres congénères.

On ne parlera donc pas d’individu dominant chez le chat, chaque animal pouvant être dominant sur son territoire.

De ce fait, le chat est souvent considéré comme un animal solitaire, mais cela n’est pas vraiment exact ; en effet, le chat entretient des relations sociales avec ses congénères vivant à proximité, car comme tout prédateur, il évite d’instinct les bagarres pour limiter les risques de blessures qui l’empêcheraient de chasser. Il est donc très important pour lui de tisser un lien social avec les autres chats pour éviter les agressions et il va utiliser pour cela divers moyens de communication.

Le chat a à sa disposition de nombreux moyens de communication :Les phéromones sont des substances chimiques émises par de nombreux animaux et agissent comme des messagers sur les individus d’une même espèce. Chez le chat, ces phéromones sont émises par des glandes situées aux commissures des lèvres, sur le front, les épaules, à la base de la queue et sous les pattes avant. Elles sont détectées par l’organe voméro-nasal, situé dans le palais du chat.

Communication

En déposant par frottement ces phéromones dans son environnement, le chat dépose en quelque sorte sa « carte de visite » ; ces phéromones ont donc un rôle important dans le marquage du territoire, mais servent également de signaux d’apaisement en cas de tension ou de stress. Ainsi, lorsque le chat vient se frotter sur nos jambes pour nous accueillir, ce n’est pas tant pour nous prouver son affection mais plus probablement pour déposer sur nous sa marque !

Les griffades ne servent pas uniquement à aiguiser les griffes du chat ; elles sont surtout destinées à marquer de façon visuelle et olfactive son territoire et sont en général effectuées sur un support vertical.

Le marquage urinaire fait également partie des moyens de communication olfactifs du chat et sert au marquage du territoire. Après une reconnaissance visuelle de l’endroit visé, le chat urine en position debout, queue dressée. Le marquage se fait aussi parfois en position accroupie, dans ce cas l’urine ne sera pas recouverte comme c’est le cas lorsqu’il s’agit simplement d’élimination. Certaines femelles non stérilisées utilisent également comme les males le marquage en position debout.

La communication vocale

Le chat dispose de nombreux sons et vocalises pour communiquer avec ses congénères ou avec son maître : le simple miaou se décline en multiples versions plus ou moins accentuées, modulées, allongées, du simple roucoulement au miaulement le plus strident ! Certaines races sont plus « bavardes » que d’autres, mais tous savent se faire comprendre par un miaulement adapté à la situation ou à la demande.

 

Entre la mère chatte et ses chatons le miaou se transforme en miiiou plus doux et plus aigu.

Le chat peut gronder ou grogner à la manière d’un chien pour signifier son mécontentement, c’est un signal de menace. Le feulement est également associé à une attitude de menace, et peut être suivi d’un crachement, son bref et explosif accompagné d’un petit jet de salive.Lors d’une agression violente ou en cas de vive douleur, le chat pousse un hurlement, long cri puissant et déchirant.Enfin, le ronronnement est le plus doux et le plus typique des sons félins, c’est un symbole de bien-être et nous pensons que ce ronronnement nous est adressé lorsque le chat est tranquillement installé à nos côtés. Or, le chat ronronne également quand il est malade, quand il souffre, ou lorsqu’il est sur la table d’examen du vétérinaire. Il semble en fait que le chat ronronne plus pour lui-même que pour les autres, aussi bien dans les situations plaisantes que pour s’apaiser en cas de stress. La chatte l’utilise lorsqu’elle met bas puis quand elle allaite ses chatons, qui ronronnent également en tétant ; le ronronnement est alors un moyen de communication et d’apaisement entre la mère et les petits.

A l’état sauvage, le chat adulte ne ronronne pas alors que nos chats domestiques ronronnent à tout âge et dans de nombreuses circonstances. On suppose qu’au cours de la domestication du chat, les individus sélectionnés pour vivre auprès de l’homme étaient les plus sociables, ceux qui conservaient le plus longtemps un comportement juvénile. Au cours du temps, le ronronnement est devenu petit à petit un comportement de notre chat adulte, ce qui laisse à penser que nos matous ne sont finalement que d’éternels adolescents !

Les postures et mimiques

Le chat possède un important répertoire de postures et mimiques, reflets de son état émotionnel mais également moyens de communication. Il est important de savoir les reconnaître pour pouvoir établir de bonnes relations avec son chat.

Le visage

 

 

Les oreilles du chat sont très mobiles et leur position indique clairement son état : dressées vers l’avant, le chat est curieux, attentif, confiant. Il est d’ailleurs amusant de voir qu’il peut orienter chacune de façon différente, une oreille tournée côté bruit et l’autre vers l’avant !
Aplaties, elles indiquent un étonnement, une inquiétude, quelque chose qu’il n’a pas identifié l’inquiète ; plus la tension est grande et plus les oreilles s’aplatissent. Totalement couchées vers l’arrière, le chat est en grand stress et en position de défense, il se sent agressé et peut passer à l’attaque. Cette position des oreilles lui permet de les protéger lors de bagarres avec d’autres chats car elles sont vulnérables, et il n’est pas rare de voir nos matous des rues avec les oreilles en « dentelle » !

La position du corps va de pair avec celle des oreilles : plus le chat est inquiet, plus il « rétrécit », se ramasse sur lui-même, queue enroulée autour de lui. A l’inverse, il peut se gonfler de tous ses poils, queue hérissée, il fait le « gros dos » pour tenter d’impressionner son adversaire.

Les yeux du chat sont à la fois fascinants et inquiétants. Le chat possède une acuité visuelle exceptionnelle, due notamment à la grande variabilité du diamètre de ses pupilles. Cette variation quasi instantanée lui permet de s’adapter aux brusques changements de luminosité. Cependant, contrairement à ce qu’on entend dire fréquemment, le chat ne voit pas dans le noir total, mais il est capable de capter la moindre particule de lumière et de pouvoir se diriger ainsi dans ce qui nous semble être une obscurité totale !

Les pupilles constituent également un excellent témoin de son état émotionnel. En cas de tension intense, le diamètre de la pupille n’est plus lié aux conditions d’éclairement mais passe en « mode de communication ». Ainsi, la pupille sera très dilatée lorsque le chat est en position défensive, ou très rétrécie lorsqu’il est en position offensive.

 

La queue

La queue pourrait être qualifiée de « baromètre de l’état émotionnel » du chat. Contrairement au chien, l’agitation de la queue n’est pas un signe de contentement chez le chat mais d’une stimulation, positive ou négative selon le contexte. La queue dressée en I indique une intention amicale envers un congénère ou un humain, elle est souvent suivie d’un frottement. Hérissée, elle traduit une inquiétude et une menace offensive si elle est dans le prolongement du corps ou en position haute, et une menace défensive en position basse. Lors du jeu et en état d’excitation, la queue est en position haute et recourbée sur le dos ou vers l’arrière, elle peut également être hérissée. Si l’excitation devient énervement, la queue en position horizontale fouette l’air en mouvements rapides. En cas de peur, la queue est repliée sous le ventre ou enroulée autour des pattes, le chat est alors ramassé sur lui-même. Enfin, lors des séquences de chasse, la queue est recourbée en forme de U, elle peut également fouetter l’air, en signe de grande excitation.

On comprend donc l’importance d’apprendre, et notamment aux enfants, à reconnaître les signaux préalables de « ras-le-bol » que le chat nous envoie et de cesser alors toute interaction avec lui, faute de quoi l’étape suivante sera un coup de patte ou une morsure pour nous signifier qu’il en a assez !

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